samedi 5 octobre 2013

L'AVENIR DE LA PETITE EDITION...


Alors que le gouvernement se penche généreusement sur le sort des libraires, menacés par le grand méchant Amazon, la petite édition, elle, continue de dépérir dans la plus totale indifférence.

Menacés par les grands éditeurs qui, à grands coups de produits préfabriqués, monopolisent les étals des librairies ; pointés du doigt par les adeptes de l’autoédition qui ne voient en eux que des obstacles à franchir, les petits éditeurs constatent que leurs ventes diminuent d’année en année. D’un point de vue économique, c’est embêtant, mais ce n’est pas l’essentiel. Car la petite édition, c’est aussi le domaine de la passion, du plaisir de découvrir, de partager, d’expérimenter.


En attendant, personne ne pose la seule question qui vaille la peine d’être posée : pourquoi les lecteurs désertent-ils peu à peu les librairies ? Peut-être parce qu’elles ne servent plus à rien, pour la plupart d’entre-elles, tout simplement ! Dans leur grande majorité, elles se contentent de vendre les livres qui marchent, ceux que les grands éditeurs jettent sur le marché avec les mêmes arguments marketing que les vendeurs de savonnettes ou d’aspirateurs. Les lecteurs n’ont aucun besoin de se déplacer pour acheter ces livres qu’ils peuvent commander en un « clic » de chez eux.

Quant aux publications des petits éditeurs, les libraires n’en veulent pas en général, ou les acceptent du bout des doigts, en dépôt tout au mieux. C’est pour ça, d’ailleurs, que les petits éditeurs privilégient de plus en plus la vente directe, via internet.

Les libraires peuvent donc bien pester autant quil voudront après Amazon. S’ils disparaissent aujourd’hui, c’est uniquement parce qu’ils ont oublié que les livres étaient des liens entre les hommes, et pas seulement des produits de consommation. On finit toujours par récolter ce qu’on a semé, c’est bien connu.

Si le sujet des petits éditeurs vous intéresse, je ne peux que vous inviter à commander le numéro 38 de la revue Chiendents : Editeurs ? Bons à tirer ! Ou à commander le n°59 des Brèves du P’tit Pavé qui consacre deux articles bien sentis à ce sujet (éditions du Petit Pavé).

Allez, si vous voulez vous plonger dans l’univers des petits éditeurs, voici deux propositions de lectures : Fire Notice, poèmes de Frédérick Houader. L’ouvrage peut être commandé auprès des éditions du Pont du Change qui complètent, mois après mois, un bien joli catalogue.

Seconde proposition : Cristaux de nuit, autre recueil de poèmes signé Michel Diaz. Cette fois, c’est auprès des éditions de l’Ours Blanc qu’il faudra vous adresser.

Quoi ? Vous ne connaissez ni ces auteurs, ni ces éditeurs ? Et alors ! N’êtes-vous donc capables que de lire les livres dont on parle partout ? Et si la littérature, avant tout, n’était qu’un autre nom de la curiosité ? La curiosité ? Ce mot vous parle encore ?

Ah oui, au fait : si vous voulez acheter les livres et revues citées dans cet article, pas la peine de vous ruer chez votre libraire. Ils n’en auront jamais entendu parler (même pas sûr qu’ils connaissent les éditeurs concernés). Suivez les liens internet, ce sera plus rapide !

Aucun commentaire: