mardi 26 novembre 2013

DU GROGNARD A DÉLITS D'ENCRE...

Suite à la disparition de notre revue Le Grognard, les éditions du Petit Pavé, qui en assuraient la coédition, ont décidé de reprendre le flambeau avec la revue Délits d’encre. Déjà trois numéros ont été publiés à ce jour.

J’avais déjà annoncé la naissance du premier opus ICI et j’ai enfin trouvé le temps de me plonger dans les deux numéros suivants.

Ce qui me fait le plus plaisir, dans cette nouvelle revue, c’est que j’y retrouve très nettement l’esprit du Grognard, ce mélange de redécouverte d’auteurs oubliés, de textes originaux, de poésie, de philosophie, d’analyses critiques... Du bien beau travail.

Un petit mot sur les deux dernières livraisons. Le n°2 (2ème trimestre 2013) s’ouvre sur des poèmes de Jacques Phytilis, textes au style un peu suranné, aux accents existentiels vaguement adolescents, mais néanmoins touchants, bourrés de sensibilité et de sincérité. Quelques jolis passages, tels celui-ci : « Nous voici nés. Nous voici péris. Et puis, entre ces deux notes si parfaitement diaphanes, nous voici porteurs de toute l’immense désuétude du temps. »

En deuxième partie, nous retrouvons quelques aphorismes de votre serviteur. Et, pour clore le volume, il nous est donné de lire (ou relire) un extrait de Pour la liberté d’imprimer sans autorisation ni censure de John Milton. Texte au sein duquel j’ai eu envie de piocher les lignes suivantes : « S’il est vrai qu’un sage, tel un bon affineur, peut tirer de l’or du volume le plus impur et qu’un sot restera sot avec le meilleur livre, et même sans livre, il n’y a aucune raison que nous privions le sage du moindre supplément de sagesse tandis que nous cherchons à écarter du sot ce dont l’absence n’aura aucun effet sur sa sottise. »

Le n°3 (3ème trimestre 2013, un peu conçu à la manière des numéros spéciaux du Grognard consacrés à Georges Palante ou Han Ryner), est entièrement dédié à la figure de Diogène. Dirigé par Hugues Lethierry, il nous propose une relecture critique mais décontractée des enseignements du célèbre cynique. Là encore, quel meilleur moyen, pour vous donner envie d’aller y voir de plus près, que de vous offrir quelques citations : « Rendre la philosophie populaire passera par une popularisation de la difficulté. Mais la difficulté est tellement impopulaire, comment la rendre estimable ? » ; « Tout le monde ne peut pas être philosophe, car le cynique enseigne le contraire de la vie sociale commune ; c’est un enseignement et un mode de vie de la contestation et du scandale. »

Ces trois numéros de Délits d’encre peuvent être commandés ICI.

Aucun commentaire: