mercredi 11 décembre 2013

MÈRES MEURTRIÈRES ET AUTRES FEMMES VIOLENTES...

La violence des femmes reste tout de même une réalité très difficile à appréhender... C’est ce que je me disais, ces derniers jours, suite à l’affaire de la petite fille tuée par sa mère, à Berck.
« Une mère a commis l’impensable » commentait une journaliste, sur une chaine d’information ; « Comment comprendre l’incroyable ? » interrogeait une autre. Ces mêmes journalistes qui répétaient en boucle, encore quelques jours plus tôt, à l'occasion de la journée dédiée à la dénonciation des violences conjugales, « qu’une femme meurt tous les deux jours et demi en France sous les coups de son conjoint » ignorent-t-ils que dans ce même pays, pour reprendre le même mode de calcul, deux enfants meurent tous les jours du fait des mauvais traitements ou des défauts de soins commis par leurs parents ? La violence parentale n’a par conséquent hélas rien d’incroyable ni d’impensable. Pas plus que la violence féminine. Car ce qu’oublient généralement les féministes, toujours prompts à pointer du doigt les pères violents, potentiellement pédophiles ou abuseurs, c’est que les violences commises sur les enfants sont très souvent le fait de femmes ayant l’autorité sur ces derniers.

Mais, comme par hasard, les chiffres sont rares sur cette question. Tous comme ceux concernant les violences faites aux hommes. Ce qui fait que lorsque tout le monde opine benoitement du chef lorsqu’un type comme Patric Jean explique qu’il faut être vigilant quand on confie le droit de garde des enfants aux pères car « on estime que 3% des enfants sont victimes d’inceste », presque personne ne vient lui rappeler qu’il oublie de préciser que les personnes mises en causes dans les signalements d’enfants en danger sont à 57% des femmes.

Qui sont les meurtriers des quelques 700 enfants qui décèdent chaque année victimes des coups ou de la négligence de leurs parents ? Je n’ai pas réussi à trouver de donner chiffrées précises sur ce point. Mais, si on se réfère au nombre de femmes mises en cause dans signalements et au différentes « affaires » de mères infanticides qui émaillent régulièrement l’actualité, on peut sans risque majeur dire que tous les ans plusieurs centaines d’enfants sont tués par des femmes. Il y a même très probablement plus de cas d’enfants tués par des femmes que de cas de femmes tués par des hommes au niveau intra-familial. Pourquoi en parle-t-on si peu ? Et pourquoi, quand on le fait, met-on toujours en avant le côté « incroyable » ou « impensable » d’un tel acte ?
 
Quand une mère tue son enfant, les réactions sont toujours les mêmes : comment a-t-elle pu commettre un tel crime ? On cherche à comprendre, on sonde sa psychologie, on se demande par quelles souffrances elle a pu passer elle-même pour en arriver à une telle issue. Une mère ne peut pas faire ça : il y a forcément quelque chose qui a dysfonctionné à un moment donné qui explique son geste, qui l’excuse, même, sans doute un peu.
 
C’est très bien, d’ailleurs, que l’on s’évertue à comprendre tout cela. Mais pourquoi, par contre, lorsqu’il s’agit d’un homme meurtrier, n’entendons-nous quasiment jamais ces questionnements ? Au contraire, dans ces cas-là, les discours s’orientent directement dans le sens opposé : l’homme qui tue n’a rien « d’incroyable », son crime n’a rien « d’impensable ». Bien sûr que non : tous les discours féministes (et toutes les campagnes de publicité qu’elles orchestrent) rabâchent ad nauseam cette idée que les hommes assassins sont des hommes comme les autres, que si vous en glissez-un parmi sept ou huit autres, vous ne parviendrez pas à le distinguer. L’homme meurtrier, c’est vous monsieur, c’est moi, c’est votre voisin qui semble si sympathique, c’est ce monsieur, là-bas, que ses amis respectent.

Non, la violence des femmes n’est pas « impensable ».Elle est juste « impensée », ce qui est très différent.

4 commentaires:

yeun a dit…

Je vous invite à lire "Un silence de mortes" de Patrizia Romito, éditions syllepse. Vous pourrez y lire par exemple: "En dépit des faits évoqués jusqu'ici, on ne peut affirmer que tous les hommes soient violents. Ils ne le sont pas tous en effet, même si l'observation nous porte à conclure que tous pourraient l'être, s'ils le voulaient, dans une relative impunité. En revanche, il s'avère que tous les hommes, y compris ceux qui ne sont pas violents récupèrent certains avantages de la violence exercée contre les femmes. Avantages tels que facilité d'accès aux relations sexuelles, gratuité des services domestiques, accession privilégiée à des postes de travail plus élevés ou mieux rétribués, avec tous les bénéfices psychologiques qui en découlent."
C'est bien loin des stéréotypes énoncés sur le féminisme. Arrêtons de nous arcbouter à défendre "les hommes".
je vous invite aussi à lire: "Penser la violence des femmes" (http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Penser_la_violence_des_femmes-9782707172969.html)

Beau Stéphane a dit…

Je vous remercie pour vos conseils de lectures. C'est toujours agréable d'avoir affaire à un interlocuteur qui a des lettres et qui ne s'en cache pas.
Très bon livre, en effet que "Penser la violence des femmes". Vous avez raison de le citer. Allez, à titre d'échanges de bons procédés, je vous en soumets un autre, très intéressant lui aussi : "La violence des femmes – Histoire d’un tabou social", Christophe REGINA, Max Milo, 2011.
Ce sont en effet, des idées qui mûrissent, mais ces deux livres sont encore bien récents (2012 et 2011) et ces idées là n'ont pas encore fait leur trou dans l'esprit du grand public.

Après, sur le reste de votre message, pas grand chose à vous répondre. Si ce n'est que vos propos ont au moins cet intérêt de démontrer un des travers des féministes que je dénonce dans mon livre à paraître, travers qui consiste à presque toujours éluder les vraies questions pour se cantonner dans la réitération des mêmes rengaines : les hommes profitent du système, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de leurs conjoints, des inégalités subsistent... Ce sont des sujets importants, certes, mais ce ne sont pas les seuls.

Bref, votre citation est intéressante (pas très originale toutefois) mais hélas quelque peu hors sujet. Elle ne répond en rien aux faits que j'expose dans mon article.

yeun a dit…

Comment s'appelle votre livre à paraitre et où peut-on se le procurer ?

Beau Stéphane a dit…

http://stephane-beau.blogspot.fr/2013/12/hommes-en-souffrance.html

Pour ce qui est de se le procurer, je vous en dirai plus lorsqu'il sera disponible