mercredi 4 décembre 2013

QUELQUES CHIFFRES...

Les défenseurs des droits des femmes ne retiennent, bien souvent, lorsqu'il s'agit de produire des statistiques sur les violences conjugales, que les résultats de l’ENVEFF (1) dont la validité méthodologique a pourtant été critiquée même par des féministes comme Elisabeth Badinter. Cela ne doit pas pour autant nous faire oublier que d’autres chiffres existent sur cette question des violences subies par les femmes et par les hommes. Des chiffres beaucoup plus fiables et neutres, tels ceux de l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP). Chiffres beaucoup plus nuancés en tout cas...

Le discours féministe et misandre tend en effet assez généralement à laisser entendre que presque essentiellement, les victimes des violences, dans notre société, ce sont les femmes. Les hommes, ayant structuré la réalité sociale a leur unique avantage, il ne peuvent bien entendu en tirer que des bénéfices. C’est oublier que, hors ménage déjà, les hommes sont eux aussi très souvent victimes de violences. Plus que les femmes, même : 

En 2011, 157 000 hommes de 14 ans et plus en nombre estimés ont été victimes de vols ou tentatives de vols personnels avec violences ou menaces soit 0,6 %. En 2011, la part des femmes de 14 ans et plus disant avoir subi au moins un vol (ou une tentative de vol) personnel avec violences ou menaces se situe à 0,4 %, soit un peu moins de 110 000 femmes « victimes déclarées ». 

De la même manière, on note que : 

En 2011, 1,5 % des hommes de 14 ans et plus ont déclaré avoir été victimes de violences physiques hors ménage, soit environ 360 000 hommes. Contre 1,1% et 300 000 du côté des femmes. 

Enfin, en ce qui concerne les violences sexuelles subies hors ménage, on constate que si les hommes sont moins concernés que les femmes, la part des victimes masculines est loin d’être négligeable puisqu’elle représente 27,5% des victimes : 

Un peu moins de 0,4 % des hommes de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes de violences sexuelles hors ménage au cours des années 2010-2011, soit un nombre estimé de « victimes déclarées » de 80 000 hommes. Contre 210 000 et 0,9 % pour les femmes. 

Même au sein des ménages, la situation apparaît beaucoup moins unilatérale que ce que l’on annonce habituellement. On constate ainsi, en épluchant les chiffres de l'ONDRP, que la part des hommes victimes représentent 32,5% de l’ensemble des victimes. Autrement dit : une victime sur trois des violences « intra-ménage » est un homme : 

Près de 1,3 % des hommes de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles intra-ménage en 2010-2011. Le nombre estimé de « victimes déclarées » s’établit à 274 000 hommes de 18 à 75 ans. Pour les femmes, on a 2,5% et 567 000. 

Si on réduit la question aux violences entre conjoints ou ex-conjoints, on trouve encore un pourcentage de victimes masculines de 25% :

En 2010-2011, 0,6 % des hommes et 1,8 % des femmes de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles par conjoint ou ex-conjoint. On estime les nombres de « victimes déclarées » à 137 000 hommes et 404 000 femmes. 

Certes, les proportions ne sont pas équitables, les femmes étant nettement plus victimes que les hommes, mais il apparaît difficile ici de nier la réalité des violences faites aux hommes. D’autant que les responsables des statistiques de l’ONDRP répètent à plusieurs reprises dans l'exposé de leur bilan, que les violences faites aux hommes ne sont pas systématiquement comptabilisées, contrairement aux violences faites aux femmes qui sont beaucoup mieux prises en considération. N’oublions pas non plus que ces statistiques prennent en compte les appels aux lignes SOS dédiées aux femmes victimes de violences et qu'il n'existe pas de lignes identiques pour les hommes. 

Notons enfin que les hommes portent moins plainte que les femmes, ce qui rend la prise en compte des violences qu’ils subissent encore plus difficile : 

En matière de violences physiques ou sexuelles par conjoint sur personnes de 18 à 75 ans, on évalue la proportion moyenne de victimes déclarées ayant porté plainte à la suite de l’un au moins des actes subis de 2006-2007 à 2010-2011 à 7,7 %, sachant qu’elle est voisine de 5 % pour les hommes et de 9% pour les femmes. 

Les statistiques de l’ONDRP nous confirment également que la violence, contrairement à ce que prétendent les féministes, non seulement n’a pas de sexe, mais tend a se développer de plus en plus chez les femmes. Les responsables du rapport notent en effet que : 

Les tendances divergent entre les hommes et les femmes mis en cause pour atteintes aux biens : le nombre d’hommes est en forte baisse de - 5,8 %, et le nombre de femmes est plus stable (- 1,7 %). Le cas des atteintes volontaires à l’intégrité physique est encore plus marquant : - 2,6 % pour les hommes et + 1,6 % pour les femmes. 

Evolution qui laisse plus à craindre à moyen terme, une généralisation de la violence qu’une pacification des rapports humains en général et des relations hommes/femmes en particulier.

Je connais l’argument des féministes face à ces chiffres : certes, les hommes sont peut-être aussi nombreux à être victimes d’agressions, de violences et d’abus que les femmes, mais dans la majorité des cas ils sont victimes d’autres hommes.

Autrement dit, si demain je me fais agresser par un homme, ça ne compte pas ! Je ne peux pas être victime, au même titre qu’une femme, puisque je suis du même sexe que l’agresseur ! 

Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que la condition masculine puisse bénéficier d’un traitement non discriminant...

(1) Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France.

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