mardi 3 décembre 2013

TOUS MASCULINISTES ?


J'ai un gros problème. J’crois bien que je suis « masculiniste » ! La tuile, non ? Je ne voulais pas y croire, mais tous les articles que je lis sur la question – et qui pullulent depuis quelques mois dans la presse et sur internet – tendent à venir confirmer cet affreux constat. Jusque-là, j’avais plutôt tendance à affirmer que ce n'était pas possible, que je ne l’étais pas, mais j’ai appris depuis que, tel le vil raciste qui ne se reconnaît pas comme tel, le pire des masculinistes est celui qui prétend qu’il ne l’est pas. Aïe ! Alors je suis piégé ? Si j’avoue, je suis un salaud de masculiniste décomplexé, et si je nie, je deviens un salaud de masculiniste hypocrite ! Bon… Face à un choix aussi palpitant, j’ai tranché pour l’option n°1. Pas de gaieté de cœur, je vous l’accorde. D’autant que je n’ai rien contre les femmes. Je ne me sens pas supérieur à elles, je condamne les violences dont elles sont victimes, je tiens le viol pour un crime horrible, je trouve normal qu’à travail égal hommes et femmes soient rémunérés de manière équitable.

Alors, il y a de l’espoir ? Mon cas n’est peut-être pas désespéré ? Hélas si, docteur. Le virus est en moi. Si si. Figurez-vous que j’ose porter sur la pensée féministe un regard particulièrement critique. Ouille, quelle idée aussi ! Je devrais le savoir que ça ne se fait pas. Mais qu’y puis-je, moi, si je considère que le dogme féministe, tel qu’il s’exprime actuellement, est plus porteur de dangers que d’espoirs ?

Bref, masculiniste, je vous le dis. D’ailleurs, il y a plein de symptômes qui ne trompent pas. Tiens, par exemple, j’ai tendance à penser que, dans la pensée féministe, les souffrances masculines ne sont pas assez prises en compte et qu’elles sont souvent balayées d’un revers rageur de la main. En parler, ce serait entrer dans une logique de comparaison ayant pour but de relativiser les souffrances féminines… Bon. Moi, je trouve que ça se discute… Mais vouloir en discuter, justement, c’est une des marques de fabrique du masculinisme. Mince alors ! Autre exemple : affirmer qu’il n’est pas forcément simple, en France, en 2013, d’être un homme, que l’évolution des mœurs a fait bouger les lignes et que l’on peut sans doute, assez légitimement parler de « crise de la masculinité », voilà qui est intolérable. On peut essayer de s’expliquer, préciser que la notion de crise n’est pas forcément négative, et que quelque part, même, c’est bien que la pensée féministe ait participé à générer cette crise, cela ne sert à rien : parler d’une « crise de la masculinité », c’est laisser sous-entendre que les hommes méritent qu’on les plaigne ! Seul un fieffé masculiniste pourrait imaginer cela !

Masculiniste, donc, je suis. Je n’ai pas encore osé l’avouer à mes proches. Forcément, c’est un peu la honte. Parce que le masculiniste, pour les féministes, c’est un modèle qui n’existe qu’en une seule taille : salaud XXL ! Tous dans le même panier, celui qui affirme que la place de la femme est à la maison comme celui qui interroge quelques points de la pensée féministe, celui qui nie les violences conjugales comme celui qui essaye de dire que le sexisme peut aussi toucher les hommes ; dans le même sac Marc Lépine, le tueur québécois et Monsieur Untel, divorcé, qui n’a jamais été violent envers quiconque et qui a juste commis l’erreur de souffrir de ne pas voir assez ses enfants… Sans compter que le masculiniste-type, si j'en crois ce que j'ai lu sur certains sites pro-féministes, est aussi très souvent homophobe, réactionnaire, vaguement d’extrême droite, pro-prostitution et, éventuellement, pas plus heurté que cela par la pédophilie… C’est comme ça, c’est un pack. C’est comme le sucre : même si tu n’en veux qu’une pierre t’es obligé d’acheter toute la boite…

Allons, essayons de rester positif malgré tout. Masculiniste, rassurez-moi docteur, c’est quand même moins grave qu’un cancer de la prostate ? Et tant que les féministes ne confondent pas condamnation du masculinisme et condamnation du masculin, il y a de l’espoir, non ? Comment ça on en prend le chemin ? Vous ne seriez pas un brin masculiniste, vous aussi ? Hum ? Bah, bienvenue au club !

2 commentaires:

Bertrand a dit…

Il fallait que ce soit le dit ! Tu l'as dit ! Vois-tu, Stéphane, ton problème, notre problème, est congénital : nous sommes nés avec deux ridicules grelots entre les jambes, et ça, mon gars, ça ne se fait pas... Faut vivre avec ça sous les quolibets des grenouilles.
Moi aussi, je suis un affreux masculiniste. Et, tu vois, je n'ai pas trop envie de guérir. Bien au contraire. Parce que si ça continue et si les femmes dans leur grand ensemble prennent les patins féministes de l'exclusion, de la hargne et du mépris( qu'elles regardent bien les textes de loi et qu'elles nous disent avant si nous sommes dans une société de matriarcat ou de patriarcat), hé bien je vais finir, oui, vraiment, par avoir envie de leur foutre des baffes.
J'invoquerai, comme de juste, la légitime défense.

Beau Stéphane a dit…

Merci Bertrand,

Je vais revenir sur ce tthème pendant quelques temps... Rendez-vous au prochain épisode alors !