samedi 11 janvier 2014

CONTRE LE MASCULINISME ? 1/2)

Le terme « masculiniste » a pris une place majeure dans les débats sur les rapports hommes/femmes ces derniers mois. Projeté à la une des journaux avec l’affaire du père perché sur la grue Nantaise, le mot s’est propagé très rapidement dans tous les médias et est devenu un des chevaux de bataille préféré des féministes. Mais qu’est-ce donc que le « masculinisme » ? Ah ah ! Voilà encore une notion bien plus facile à dénoncer qu’à définir. C’est malgré tout l’objectif que se sont fixés les auteurs de Contre le Masculinisme, petit guide d’autodéfense intellectuelle que je viens de lire. J'avoue par contre que je n'ai eu le courage de gaspiller mes sous en l'achetant et je me suis contenté de la mouture disponible sur internet. En espérant que les deux versions ne diffèrent pas trop

Si l’intention de départ de ce petit livre pouvait sembler louable, le résultat est passablement décevant. Pour commencer, il faudrait me dire quelle définition les auteurs donnent au mot « intellectuelle » qu’ils utilisent dans leur sous-titre. Pour moi, ce mot-là se rapporte à l’intelligence, c’est-à-dire à une certaine faculté de juger basée sur une recherche d’objectivité et de neutralité. On est très loin de ça avec ce livre qui ne cache pas ses racines idéologiques et dont le but est moins de comprendre ce qu’est, en soi, le masculinisme, que de définir ce qu’il est aux yeux des pro-féministes : à savoir quelque chose de très peu recommandable. Ce qu’on savait déjà. Car au fond, il ne faut pas oublier que le terme masculiniste, essentiellement utilisé par les féministe, sert plus à contrecarrer tous les discours non conformes à leur idéologie qu’à désigner quelque chose de très précis. Ce petit livre le démontre très bien. 

Ainsi, il est amusant de voir comment les auteurs font évoluer leur définition du masculinisme tout au long de l’ouvrage. Au début pourtant les positions adoptées sont très claires : le terme « masculinisme » est récent, il est absent des dictionnaires. C’est un terme qui ne fait pas consensus et « qui a été employé pour décrire des réalités fort différentes ». Nous est proposée la définition suivante : « Le masculinisme est l’une des expressions de la misogynie et de l’antiféminisme. Et cette idéologie diffuse a accouché d’un mouvement social ; un mouvement organisé d’hommes, parfois violents, hostiles à l’émancipation des femmes et souhaitant conserver leurs privilèges et leur position de pouvoir au sein de la société ». 

Très bonne définition d'ailleurs, à mon sens, qui dit clairement que, lorsqu’on est masculiniste, on est forcément antiféministe, mais qui sous-entend aussi clairement, à l’inverse, qu’on peut être antiféministe sans être masculiniste. Le masculinisme en tant que mouvement est également très bien cerné : « un mouvement organisé d’hommes, parfois violents, hostiles à l’émancipation des femmes et souhaitant conserver leurs privilèges et leur position de pouvoir au sein de la société ». Qu'un tel mouvement soit combattu ne semble pas pouvoir être discutable, effectivement.

Seulement, très vite, page après page, la définition se complète et, par vagues successives, prend de l’ampleur. Bientôt on nous explique qu’on peut « regrouper aujourd’hui sous le terme de masculiniste, tous les discours revendicateurs formulés par des hommes en tant qu’homme ». Ce qui ratisse déjà nettement plus large ! Car là, déjà, si je revendique, moi qui suis un homme, le droit d’être respecté en tant qu’homme, je deviens déjà suspect.

Et les choses n’en restent pas là. Un peu plus loin encore, l’étau se resserre : « La mouvance masculiniste est plurielle. Elle est certes composée de machos revendiquant leur statut d’homme (en d’autres termes leur supériorité sur les femmes), mais aussi de groupes organisés de pères divorcés, d’ex-conjoints amers, ou encore d’hommes se plaignant de subir les effets d’une crise de la masculinité ». A tel point que certains masculinistes osent aujourd’hui réclamer « sans vergogne, l’égalité... pour les hommes aussi ». Gloups ! L'égalité pour tous, oui, d'accord, mais pour les hommes aussi, faut peut-être pas pousser quand même, en effet...


Vous pensez qu'on ne peut pas aller plus loin, que tout est dit ? Détrompez-vous, ce n’est pas fini. Figurez-vous que même les hommes qui refusent l’étiquette masculiniste, qui « dénoncent l’homophobie, récusent certaines valeurs attachées au genre masculin (comme l’agressivité, la compétition ou le culte de la virilité), et même prônent l’égalité entre les sexes » sont encore et quand même des « masculinistes ». Ben oui, c'est comme ça. C’est l’estocade finale : quand on est un homme, autrement dit, quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise ou quoi qu’on pense, on finit toujours par rentrer dans la case « masculiniste » par un biais ou par un autre. A tel point qu’on a envie de demander aux auteurs de ce petit manifeste – qui n’a d’intellectuel que le nom – à quelles conditions un homme, aujourd’hui, peut-il ne pas être masculiniste ?

(partie 2 à suivre...)

4 commentaires:

Anonyme a dit…

circoncisions masculines et droits de l'enfant:
http://www.enfant.org

Beau Stéphane a dit…

Merci de poster des commentaires ayant un lien direct avec le sujet traité. Je ne souhaite pas que ce blog devienne un catalogue d'adresses et de liens.

Didier Hoministe a dit…

Le lien vers la circoncision masculine est en lien avec le sujet traité : c'est un exemple d'un sujet réel mais complètement minoré par les féministes extrémistes.

Didier Hoministe a dit…

Et sinon, à propos du "masculinisme", la propagande ne vient pas seulement de quelques féministes extrémistes misandres, mais vient bien aussi du gouvernement : en voici une preuve : dans ce lien : http://femmes.gouv.fr/wp-content/uploads/2013/10/synth%C3%A8se_actualit%C3%A9_2013-10-07.pdf , le ministère du droit des femmes relaie sans la moindre nuance le site mascu-watch, qui était encore + extrême que les féministes anarchistes.