jeudi 2 janvier 2014

PROFEMILISTE DITES VOUS ?...

Connaissez-vous le dernier des joujoux féministes ? La « Profémiliste », non ? Il faut que vous alliez voir ça (ICI) car non seulement ça vaut son pesant de cacahuètes, mais en plus je suis persuadé que ça va faire un tabac.

Le principe est simple : il s’agit d’un groupe de discussion virtuel, via internet, rassemblant essentiellement des hommes. Mais pas n’importe quels hommes, attention ! Des proféministes militants, 100% en accord avec « les analyses et les propositions de Christine Delphy, Audre Lorde, Colette Guillaumin, Monique Wittig, Patricia Hill Collins, Andrea Dworkin, etc., ainsi que­ d’alliés comme John Stoltenberg et Léo Thiers-Vidal », des hommes auxquels il est fermement rappelé qu’ils ne seront pas là pour questionner l’idéologie féministe et ses grands dogmes (la domination masculine, les luttes anti-patriarcales, les luttes contre les avantages dont bénéficient les humains dotés d'un sexe masculin). Bref, des types qui sont déjà d’accord sur la quasi-totalité des thèmes qu’ils vont aborder. Et ne vous inquiétez pas : le groupe est bien bordé, avec système de sécurité et procédure d’exclusion déjà posés, au cas où il y en aurait un, malgré tout, tout à coup, qui se piquerait de vouloir penser par lui-même en dehors des sentiers balisés !

Groupe de discussion ? L’intitulé est intéressant car il témoigne assez bien de la manière dont les féministes conçoivent la notion de débat justement : à partir du moment où l’on est d’accord pour admettre que rien n’est discutable, tout le reste peut être discuté !

Sauf que le débat, le vrai, le contradictoire, ce n’est pas cela, c’est celui qui permet de mettre en confrontation des points de vue différents dans le but de trouver des terrains d’entente et, éventuellement, de faire évoluer quelque peu les positions de chacun. Mais l’intégrisme féministe actuel est bien loin de se soucier de ce genre de détails. Ses petits soldats n'ont qu'un mot à la bouche : lutter. Pour le dialogue, on repassera...

Les conclusions de ce groupe de discussion étant déjà inscrites dans ses préliminaires, nous savons déjà qu’elles n’auront rien de bien révolutionnaire : le féminisme sera génial, les masculinistes méchants, les mâles seront encore dominants et les femmes demeureront l’avenir de l’homme. Rien de neuf sous le soleil. Ce n’est pas en cela que ce groupe est intéressants, mais bien plutôt par ce qu’il illustre de la dimension très contradictoire de la pensée féministe qui, bien que se disant farouchement ennemie des différences entre les hommes et les femmes, ne cesse pourtant de les séparer et de les opposer les uns aux autres.

Nous avions déjà l’habitude que les féministes ferment leurs groupes de discussions aux hommes, ou qu’elles les tolèrent à condition qu’ils restent en retrait et n’ouvrent leurs goules que pour affirmer leur accord inconditionnel. Nous découvrons maintenant, de l'autre côté, les groupes d’hommes qui se réunissent pour se désolidariser d’un système dont ils reconnaissent bénéficier. Mais ils le font au nom de la non-différence, bien sûr.

De la même manière, nous avons pu constater, il y a quelques temps de cela, qu’au nom de cette même non-différence, le gouvernement a pu proposer un projet de loi disant qu’il existait maintenant deux types d’égalités : celle dont les femmes bénéficient et celle à laquelle les hommes contribuent. Il fallait oser, ça, quand même, non ?

De la même manière encore, je me souviens de cette féministe, militante de la première heure, qui expliquait, sur un plateau de télévision, qu’elle avait élevé ses deux enfants (un garçon et une fille) de la même manière : en apprenant à sa fille à se méfier des hommes et à son fils à respecter les femmes. Texto ! Le journaliste n’avait même pas bronché. Non-différence, là encore…

Je vous le dis comme je le pense, mais à ce rythme-là, je me demande si les féministes ne vont pas réclamer bientôt le retour – au nom de la non-différence, bien entendu – de la non mixité scolaire : les filles à gauche (logique), les garçons à droite (idem). Chacun sa classe, chacun son programme éducatif : pour les garçons, désapprendre à être des hommes ; pour les femmes apprendre à être pleinement femmes. Les institutrices seront des femmes, bien sûr, puisqu'elles sont plus aptes que les hommes à lutter contre le sexisme et les stéréotypes. Et tout le monde sera content, nous seront tous semblables, égaux et heureux de vivre en harmonie…

... Ou pas !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

La bêtise crasse de votre texte et ses idées toutes faites aux gros sabots me fait sautiller gaiement en direction de cette "profémiliste" avec enthousiasme et espoir !

Beau Stéphane a dit…

Vous avez raison d'y aller : ils ont besoin de personnes dotées, comme vous, d'un puissant sens de l'argumentation ;-))

Sautillez bien !