vendredi 7 février 2014

LA GUERRE, LES JEUNES ET L'ENNUI...

Je suis tombé par hasard, il y a quelques jours, sur un livre de Bernard Maris : L’Homme dans la guerre – Maurice Genevoix face à Ernst Jünger. Petit livre agréable à lire, surtout quand on affectionne au moins l’un des deux auteurs concernés par le sujet. Ce qui est mon cas vis-à-vis de Jünger que je lis et relis depuis de longues années.

Même si ce livre n’apporte pas d’éclairages majeurs sur la question de la guerre en général ou sur celle 14-18 en particulier, il est malgré tout venu alimenter un sujet de réflexion qui me trotte depuis quelques jours dans le crâne. Celui de savoir ce qui peut pousser de jeunes européens, dotés d’une certaine culture, de biens matériels honorables et d’une famille souvent aimante à partir en Syrie ou au Pakistan pour devenir des guerriers de l’Islam. J’avais en tête que, de tous temps, de jeunes hommes, pas toujours adultes, choisissaient de partir à l’aventure, en s’engageant dans des armées officielles (la Légion Étrangère, comme ce fut le cas pour Jünger, justement) ou moins formalisées (guerre d’Espagne, milices diverses, armées révolutionnaires…)

Rien de neuf sous le soleil, donc. Et aucune raison d’essayer de nous faire croire, comme nous l’expliquent Valls et une vaste partie des médias, qu’il s’agit là d’une nouveauté préoccupante. Que ce soit préoccupant, admettons, mais neuf, en tout cas, certainement pas !

Au détour de ma lecture de L’Homme dans la guerre, je tombe sur deux extraits qui viennent conforter mon sentiment.

«  L’ennui, source de la guerre ? "Plonger au fond du gouffre, Enfer ou ciel qu’importe ? Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau !" Oui, Baudelaire aimé de Jünger a découvert l’origine de la guerre, qui fait en appeler à la mort, dans l’ennui. »

Et quelques pages plus loin :

« Lorsque la guerre surgit, et son avènement reste une énigme et pour Freud et pour quiconque, elle balaye les couches de culture aussi facilement que de la poussière, et "nous contraint à être des héros incapables de croire à leur propre mort" [freud] ».


Juste avant, j’avais lu le dernier recueil de nouvelles de sylvain tesson, S’abandonner à vivre (Gallimard). Un des récits, intitulé « Le Sniper » narre le face à face dramatique, dans les montagnes afghanes, entre un jeune officier Français et un combattant d’Al-Qaïda, également Français et originaire de la même banlieue que le précédent. On s’interroge en général sur les motivations du second à s'engager dans la lutte armée, rarement sur celles du premier, pourquoi ? Ces motivations sont-elles vraiment si différentes ? 

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