jeudi 22 mai 2014

ROBERT MERLE... DERNIER ÉTÉ A PRIMEROL...

Je suis tombé par hasard, dernièrement, sur un inédit de Robert Merle, paru en 2013 aux éditions de Fallois : Dernier été à Primerol.

Drôle de petit récit que l’auteur n’a jamais voulu publier et qui est pourtant très abouti. Il nous y narre une histoire à deux temps, mêlant des épisodes de sa vie de prisonnier de guerre et des souvenirs de ses derniers jours de civil avant la mobilisation. A découvrir.

Un petit extrait qui me plait bien :


« Dans les débuts, ça n’est pas désagréable du tout, la faim. Et même plus tard, quand on croit en avoir épuisé la souffrance, elle vous étonne encore, en vous procurant, de temps à autre, le matin surtout, au réveil, une véritable euphorie. Bien allongé sur le dos, immobile sur ma planche, le visage et les mains poissés par la poussière de charbon, je me sentais extrêmement nettoyé, allégé, lucide. Alors, la ronde des images commençait. Je découvrais le sens des choses. Je comprenais ce que je n'avais jamais compris, mystiquement. Je recevais des certitudes. J’avais la foi, tout de suite, en toutes ces choses révélées, la foi immédiate, impétueuse, sans discussion possible. Les sceptiques en somme, ce sont des gens qui mangent beaucoup trop. »

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