jeudi 13 novembre 2014

INSTANTS NOMADES LUS PAR PHILIPPE AYRAUD...

Quelques mots bien sympathiques de Philippe Ayraud sur Instants nomades :

Bien sûr, il y a les superbes photos de Catherine Matausch, qui captent tout de suite le regard. Cela a été dit, et fort bien dit (voir notamment la préface d'Eric-Emmanuel Schmitt). Mais pour un béotien comme moi dans le domaine des arts picturaux et visuels, une fois passé le sentiment que c'est quand même autre chose que ces photos de paysages prises en rafales pendant les vacances et qu'on s'empresse ensuite de ne jamais regarder, l'intérêt se déplace vers les textes.

Et là, j'ai retrouvé avec plaisir le Stéphane Beau que je préfère et que j'admire, celui que je me prends parfois (même si ce n'est pas bien!) à jalouser, le Stéphane Beau minimaliste. L'auteur a déjà montré à plusieurs reprises sa maîtrise de la brièveté. On lira utilement à ce propos Un merle sur le tilleul, suivi de Presse purée, recueil d'aphorismes et de chroniques, toujours disponible aux éditions du Petit Véhicule. Dans ce nouvel ouvrage, les petits textes qui accompagnent les photos en disent beaucoup plus que bien des grands. On ne peut s'empêcher de songer, même s'il s'agit davantage ici de prose poétique, aux Nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon, ce journaliste libertaire du début du XXème siècle (je ne pense pas que Stéphane récusera cet hommage!). Même sens du raccourci, de la concision et de la densité. Même humour ravageur, parfois très noir, cet humour qui est, comme chacun sait, la politesse du désespoir. En témoigne par exemple, mais on pourrait multiplier les citations, le texte suivant : « Les pauvres prennent / Moins de place / Quand même / Quand on les entasse / Dans les HLM »

Je ne sais pas, en définitive, où nous emmènent ces instants nomades, et ça m'est bien égal. Je sais juste qu'ils nous y emmènent. Et c'est déjà beaucoup.

Philippe Ayraud


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