jeudi 8 janvier 2015

NOUS SOMMES TOUS DES ISLAMISTES...

Dessin de Charb
L’attentat contre Charlie Hebdo aura-t-il des répercussions à long terme sur la société française ? Je ne le crois pas, hélas. Je sais bien qu’il est de bon ton, en ce jour d’émotion, de rage et de consternation de proclamer haut et fort que dorénavant, rien ne sera plus pareil, que ces assassinats ont sonné le réveil du sursaut républicain, que ces victimes, ces hommes et cette femme ne sont pas morts en vains. Mais ce ne sont que des mots, hélas, encore.

Quoique... Oui, c’est vrai que d’une certaine manière, après ces crimes atroces, rien ne sera plus pareil, mais pas dans le sens que l’on veut nous faire croire. Certes cet attentat marque une fracture, une rupture. Mais il y a fort à parier que ce ne sera pas le point de départ d’une nouvelle ère : seulement la date anniversaire d’un monde qui s’est éteint, le 7 janvier 2015 à 11h30.

Car par delà la question de l’Islam, forcément mise au premier plan aujourd'hui, l’attentat contre Charlie Hebdo s’inscrit dans un processus d’évolution sociétale bien plus ample, qui nie de plus en plus fermement, depuis la fin des années 80, toute forme de pensée non consensuelle. On doit condamner l’islamisme radical, bien entendu, car il représente probablement l’expression la plus excessive et la plus sanguinaire de cette négation de l’autre et de sa pensée. Mais cette négation ne lui est pas propre. On la constate tous les jours, à tous les niveaux où le « politiquement correct » et le « right thinking » sont devenus des armes idéologiques incontournables.

Le débat d’idée est aujourd’hui dangereusement réduit à une discussion morale, voire moralisante, opposant ce qui peut être « entendable » et ce qui ne l’est pas. On ne discute plus : on condamne ou on valide. Un peu comme au bon vieux temps de la mise à l’Index. Immigration, économie, histoire, politique, féminisme, homosexualité, euthanasie, éducation, humour... tous les sujets sont aujourd’hui cloisonnés. Soit nos propos sont conformes aux discours officiellement validés, soit on devient suspect, voire présumé coupable. De quoi ? de ne pas penser juste, d’être un messager de la haine, de la réaction, mettant en péril le pacte républicain, la laïcité, l’égalité, tout ce qu’on veut. Bref, un ennemi de la société.

 Tous les anathèmes et autres condamnations qui pleuvent depuis quelques temps sur Zemmour et qui commencent à s’abattre sur Houellebecq au sujet de son dernier livre, en sont la preuve. Vous vous rendez compte ? Deux types qui tentent de mettre en mots ce qu’ils perçoivent du monde qui les environne ? Un sous forme d’essai, l’autre sous forme de roman ! Peut-être disent-ils des choses vraies. Peut-être écrivent-ils des conneries. La vérité se situe sans doute quelque part au milieu de ces deux affirmations. Mais ils essayent de comprendre ce qui les entoure. Voilà leur seul crime... Sans parler de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui, ces derniers temps, ont eu l’audace de soutenir qu’ils avaient du mal à s’y retrouver dans les divers débats sur le mariage pour tous par exemple. Sans parler de ces levées de bouclier dès qu’un entraineur de foot dit une ânerie sur les joueurs africains. Sans parler de ce que j’ai pu expérimenter moi-même, à mon petit niveau, lorsque j’ai eu l’impudence d’égratigner, avec mes Hommes en souffrance, le dogme féministe et que je me suis fais copieusement insulter à diverses occasions.

La chasse à la pensée libre est un sport déjà très répandu. Les islamistes le pratiquent sans doute avec plus de brutalité et de folie que les autres, mais la différence n’est que formelle, graduelle, pas essentielle.

C’est pour cela que je trouve aujourd’hui assez affligeant de constater que ce sont tous ceux-là qui, depuis des années entretiennent cette pensée unique, cette pensée consensuelle, qui crient au loup dès qu’un quidam-mouton a le malheur de s’écarter quelque peu de l'enceinte de la bergerie pour tâcher de réfléchir par lui-même, qui viennent nous donner maintenant des leçons de démocratie et de liberté d’opinion...

Mais il est plus simple de condamner les islamistes, la main sur le cœur et des trémolos dans la voix, comme le font sans relâche depuis l’attentat les journalistes et les hommes politiques, que de se lancer dans une vraie démarche d’auto-critique. Une question seulement : comment se fait-il qu’aujourd’hui ce soit Charlie Hebdo qui se retrouve à porter les couleurs de la république et à payer en son nom ? Qu’est-ce que c’est que cette société qui accepte ça et se contente de ça ? Vous rappelez-vous seulement de la raison pour laquelle ce journal est né ? Charlie Hebdo a depuis ses origines été le poil à gratter de la mollesse républicaine. Qu'il devienne d'un seul coup, du fait de cet attentat, son plus beau titre de gloire aurait sans doute bien fait marrer quelques-uns de ceux qui sont morts hier...

« Bien sûr, les auteurs de cette barbarie n’ont pas choisi leur cible au hasard. En massacrant des journalistes, c’est notre République qu’ils attaquent » écrivait ce matin un élu socialiste sans même se rendre compte de tout ce que sa phrase (reprise d’ailleurs sous des formes quasi identiques par presque tous ses confrères) a de pathétique. Oui, inconsciemment, il nous en fait l’aveu : la République a bien déserté le monde politique. Elle était allée se réfugier à Charlie Hebdo. C’est là qu’elle a été tuée.

Honte donc à tous ces hauts responsables qui aujourd’hui s’offrent au prix le plus fort, celui des dépouilles de Cabu, Wolinski, Charb et compagnie, un certificat de bons républicains.

« Nous sommes tous Charlie » nous serinent-ils, l’air grave... « Nous sommes tous des islamistes » devraient-ils plutôt reconnaître, la mine basse. Là au moins il resterait un espoir...

16 commentaires:

solko a dit…

excellent !

Beau Stéphane a dit…

Merci Roland !

marc bozec a dit…

Grinçant, comme l'étaient leurs dessins : un éclairage à ne pas perdre de vue.
Marc Bozec.

marc bozec a dit…

Pour prolonger :
Charlie….
Par delà la réaction première, viscérale, celle de la sidération, de la colère, du deuil, se poser la question du pourquoi est le moins que l’on puisse faire pour rendre hommage aux victimes de cette tuerie.
Ils ont défendu la liberté d’expression en se jouant des codes du politiquement correct, en jouant de l’excès face à l’excès (une des rares choses à faire pour ne pas y succomber, pour ne pas le sur activer). Renvoyer la doctrine et la violence intégristes au ridicule semble être en effet le meilleur moyen de les renvoyer au vide qu’elles prétendent combler.
Les terroristes, disait Jean Baudrillard, rêvent d’un « ennemi immortel », d’un ennemi qui soit sur ce même registre de la violence et de l’intégrisme, d’un tout autre intégrisme, celui de l’exigence pathétique et spéculative du réel, celui de la totale confusion des signes, celui de la perte de la valeur de l’humain, celui, somme toute de notre monde.
Les terroristes aspirent à la dévalorisation de l’humain, comme ils aspirent à disparaître à eux-mêmes, aux autres, et à faire disparaître l’Autre, les autres en eux. Pour cela ils adhèrent à la diabolisation d’un autre stigmatisé, désigné comme le mal, et font le choix d’une identité ici religieuse qui les dispense de toute revendication singulière. Ils aspirent à disparaître totalement et se jouent de la mort comme ultime preuve de leur identité éviscérée.
L’autre a alors un prix, celui de sa propre mort qui lui interdit de faire obstacle, comme de participer à l’édification de l’individu.
L’individu est une notion inaboutie. La singularité en est une toute autre qu’il nous faut revendiquer : celui qui est singulier participe du monde et de l’autre, il est le fait des autres mais a fait le choix de prendre le risque de se gouverner par lui-même et d’en assumer les conséquences.
Ceux qui ont été assassinés étaient de ceux-là, et ils l’ont payé cher ; on leur a fait payer cher, et quelque part nous en sommes tous responsables faute de n’avoir de réponses à donner à la violence du monde.
Pouvons-nous vraiment nous revendiquer « d’être Charlie » ?
Il n’est pas sûr qu’en de telles circonstances nous eussions étés de leur trempe…

Marc Bozec.

Beau Stéphane a dit…

Salut Marc,

Merci pour ces propos judicieux qui me parlent au moins sur trois points.

1) Le pourquoi. Tu as raison d'insister là-dessus car je devine, que ce sera justement sur ce point-là que l'on n'aura pas de réponse...

2) L'individu. C'est bien que tu remettes cette notion en avant car on le voit bien, la réaction, pour le moment est collective (voire moutonnière). Mais rien ne progressera pourtant que les choses n'évolueront pas dans les consciences individuelles.

3) Avant de clamer "je suis charlie", effectivement, nombreux sont ceux qui devraient se demander s'ils ne sont plutôt pas des "charlots"...

A bientôt

nauher a dit…

Pas un mot à retirer de votre propos

Beau Stéphane a dit…

Merci, et je vous retourne le compliment en ce qui concerne votre triple article sur les "collabos". AU plaisir

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je trouve votre billet assez bon, à part le passage sur Zemmour et Houellebecq. Je ne vais pas m'appesantir sur la question vu que je n'ai lu ni l'un ni l'autre, mais ces deux là ne sont pas des "Dieudonné" ils ont un accès illimité dans les médias et ce qu'ils écrivent ne relève pas de la pensée marginale vu le nombre de bouquins qu'ils vendent.

Mais bon, passons, j'avais surtout envie de partager avec vous un texte de Charlie Hebdo :

Anonyme a dit…

La Laïcité, où la Fraternité Anonyme.

Une vielle légende veut que ce soit Robespierre qui ait souhaité ajouter le mot « fraternité » à la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité ». Peut être voulait-il résoudre la contradiction entre les deux premier ? La liberté conduit aux pires inégalité. L'égalitarisme bride absolument la liberté. Laissant la liberté et l'égalité jouer leurs contradictions, la fraternité aurait été cet « éther » qui aurait rendu les actions humaines supportables. La fraternité est sœur de l'altruisme, de la compassion, de la bonté, de tout ce qui n'existe plus dans une société où le combat plus ou moins haineux de tous contre tous tien lieu de mode de fonctionnement.
La fraternité n'existe pas sans la tolérance, et la tolérance est un des ferments de la laïcité. C'est pourquoi la laïcité et la fraternité sont sœurs. Imaginez. Vous êtes la veille de la Saint-Barthélemy. Vous papotez avec des égorgeurs qui affûtent leurs couteaux. « Voyez, les gars, ces paillots là-bas … c'est vos frères ! Ouais, ils croient pas en la virginité de la Vierge, mais ... » Trop tard, vous êtes mort. Maintenant, vous vous promenez dans les rues du XVIIIè arrondissement, un vendredi soir. Des barbus font leur prière. « Salut les gars, je viens vous parler de la laïcité et vous offrir un abonnement à Charlie ! » Aïe ! Ces exemples pour dire que la Laïcité n'est pas athée. Elle est a-religieuse. Elle respecte les religions, mais leur refuse toute suprématie, et tout droit d'organiser la vie en leur nom. Elle n'est pas strictement matérialiste, car elle doit se méfier aussi de la religion du Progrès et de la Science, ou de celles, plus contemporaines, de l'Economie et de l'Argent. Tout religieux est est sectaire et intolérant. Tout religieux est non fraternel, en dehors des adeptes de sa secte.
La République française réussit la séparation des Eglises et de l'Etat. Sans doute le christianisme (« Rendez à César ce qui est à César ») facilite-t-il cette séparation plus qu'aucune autre religion. Robespierre sentait que cette séparation était très difficile, aussi inventa-t-il son laïque « culte de l'Être suprême » : à chacun son Être suprême. La loi de 1905 paracheva cette séparation. Elle est à l'honneur de notre pays.
Le retour du religieux est un échec de la fraternité. La laïcité était adaptée à une république sociale, non à la dictature de l'argent et de l'égoïsme, qui sont la porte ouverte à tous les sectarisme. On comprend que les Etats-Unis soient un pays hyper-religieux et intolérant : quand il n'y a plus rien entre les hommes que l'échange et l'argent, dans une vie dominée par la frustration, il faut bien soigner son angoisse et sa dépression par la croyance en l’existence d'un Être supérieur ou par la haine de l'autre. A quoi ça sert tout ça, si en plus il n'y a rien après ? Dans quatre milliards d'années le soleil s'éteindra, et toi, petit soleil qui dure quelque quatre-vingts ans en moyenne, tu t'éteindras bien vite : raison de plus pour être tolérant.
La défense de la laïcité est sans doute l'un des combats les plus difficiles, car il propose à des hommes et des femmes, au-delà de la liberté et de l'égalité, la fraternité sans rien en échange que la fraternité : même pas la vie éternelle, même pas les vierges du paradis, même pas l'orgueil de l'aumône. Simplement le sentiment de participer, discrètement, d'une forme de justice anonyme. Toujours des mains se tendront vers Calas et Dreyfus. Inventer la fraternité anonyme : voilà le rêve laïque.
Les temps sont durs pour la laïcité, non à cause du retour du religieux (la phrase de Malraux : « Le XXIé siècle sera religieux ou ne sera pas n'a pas grand sens), mais à cause de l'effondrement du social. L'effondrement du social est l'émergence du sectarisme. Être laïque aujourd'hui est plus qu'un devoir moral : une question de survie.

Bernard Maris
HS n°11, Charlie Hebdo

Anonyme a dit…

Un petit mot au passage pour Nauher avec qui je ne suis pas d'accords.
Pour moi vos billets 2 et 3 des "collabos" se contredisent.

Sans rentrer dans l'analyse politique de l’événement, je trouve votre analyse de la manifestation un peu simpliste et/ou globalisante.
1) Rien ne vous empêchez d'y aller avec des caricatures (ce que beaucoup ont fait).
2) Je trouve que c'est plutot pas mal que des gens qui ne sont pas lecteur de charlie hebdo voir même des gens qui l'on critiqué fortement soit dans la manif. On peut critiquer (même pour des raisons religieuses et/ou obscurantistes) et pour autant s’indigner de ce qui c'est passé. Ça a peut être plus d'impact que ça soit c'est gens là qui s'indigne publiquement et fortement ... peut être que si il n'y avait eu que des athées lecteurs de charlie hebdo à s'indigner cela vous aurait aussi choqué (en tout cas ça m'aurait choqué moi).
3) Je me méfie des personnes qui parlent de moutons, globalisant ainsi des millions de personnes qui sont très différentes les unes des autres et qui sont venus pour des raisons différentes et à l'issu de réflexion différentes ... Certes ça fait du bien de croire que l'on est différents du commun des mortel et que l'on pense plus qu'eux, mais attention à ne pas perdre toute nuance dans ce type de généralisation.
4) Les manifestations ont commencé le jour même (et en nombre) bien avant tout appel à manifester.
Chacun à ça manière de s'indigner, et ce rassembler entre personnes différentes après un coup dur à quelque chose s’encouragent en terme de fraternité et de vivre ensemble.

Cordialement
Benoit C

Anonyme a dit…

Merde c'est con j'ai signé "Benoit", j'aurais du signer "Charlie" ça aurait été beaucoup plus drôle ... tant pis pour la blague, je repasserais !

Beau Stéphane a dit…

Bonjour Benoit,

De retour par ici, c'est bien.

Merci pour ce texte de Bernard Maris : j'approuve totalement.

Concernant le lien entre Zemmour, Houellebecq et Dieudonné, attention à ne pas tout mélanger. Ce sont trois personnalités très différentes et leurs propos sont aussi très différents. Évitons les amalgames, une fois de plus, et cette tentation d'une pensée en noir et blanc qui consiste à mettre dans le même panier tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule. Mais nous aurons peut-être l'occasion d'en reparler.

Quant à Nauher, je vais faire suivre. Je relève juste votre méfiance à l'égard de ceux qui parlent des "moutons". J'entends ce que vous voulez dire, mais il me semble que vous prenez le problème à l'envers. L'esprit moutonnier préexiste aux discours qui le dénoncent? Ils ne le créent pas : ils le constatent et le déplorent. N'inversons pas les données. Ce n'est pas parce qu'on signale un incendie qu'on est un pyromane amoureux du feu...

Beau Stéphane a dit…

Pour conclure sur la question des moutons et autres représentants du bétails, deux petites citations. La première, qui m'a toujours troublé, est d’Ernst Jünger : « La condition d'animal domestique entraîne celle de la bête de boucherie ».

La seconde émane, d'une manière sans doute plus étonnante, de Prévert :

« La faim règne sur le bétail
et l’abat
Bétail bovin bétail humain
On ne fait pas de détail
au charnier du Marché commun
La matière première est pour rien »

A méditer...

Anonyme a dit…

oui, je me suis dit (et j'ai eu raison) que vous aviez dû écrire sur l’attentat de Charlie hebdo.
Et j'étais curieux de voir ce que vous en pensiez.

Effectivement Charlie est à part, pour sa revendication de l'athéisme, pour la liberté d'expression et de dérision sans faille dont ils ont fait preuve.
J'aime bien l'idée que je lis au travers de votre texte, que le meilleur moyen de protéger des gens de Charlie Hebdo et les valeurs qu'ils portent, ça serait que les autres (médias et politiques) prennent aussi en charge une part de cette espace de liberté et d'idéal laïque et républicain, car on est une cible lorsque l'on est isolé, on ne l'ai plus ou moins lorsque que cette liberté devient la norme.

D'ailleurs il me semble qu'il y a un petit sursaut médiatique de ce coté là. Chez vos voisins (pays voisins j'entends) plusieurs n'ont pas oser/voulu montrer la Une du dernière Charlie Hebdo. En France il n'y pas eu de tabou dans la presse et dans l'audiovisuel à montrer cette Une.

Pour Zemmour, Houellebecq et Dieudonné, justement loin de les amalgamer je voulais les opposer les uns aux autres, et dire par exemple que Zemmour jouissait d'un accès illimité aux médias et que ces idées ont été mainte fois débattues, que ça soit dans "ça se dispute" sur iTV, ou dans "on est pas couché", sa pensée loin d'être marginale est plus que répandue, en atteste le nombre de bouquins vendus.
Que ceux qui ne partagent pas sa vision des choses "condamnent" certains de ses propos ne me dérange pas, et personne ne l'empêche de s'exprimer bien au contraire.

Pour ce qui est des "moutons" de Nauher. La question (à mon sens) n'est pas une histoire de chronologie ou de causalité.
Ce que je voulais dire c'est qu'il y a souvent une petite facilité à taxer de moutons les gens qui n'agissent pas comme nous et de penser que nous, nous agissons par réflexion, détacher de tout déterminisme et de tout comportement "moutonnier", alors que les autres eux seraient des moutons.
Je le dis d'autant plus facilement que j'ai peut être parfois moi même tendance à tomber dans cet écueil.
Il me semble que Nauher est ici tombé au moins en parti dans ce travers. J'ai à le lire, l'impression d'une globalisation, d'un gommage des différences entre les personnes présentent dans les rassemblement suite à l'attentat de Charlie Hebdo. Des personnes qui n'ont attendues aucun appel pour descendre dans la rue partout en France. Pour moi c'est tant mieux si des religieux, des politiciens, des personnes qui n'ont jamais lu Charlie Hebdo descendent dans les rues ensembles. Je préfère que ces gens là face un pas, vers Charlie pour certains, vers la liberté d'expression pour d'autre, ou juste contre le terrorisme si vraiment c'est le plus petit dénominateur commun, plutôt de devoir faire un pas vers ces gens là. Pour moi, il n'y a pas de comportement moutonnier là dedans.
... surtout lorsqu’il évoque qu'il aurait pu descendre dans la rue si le mot d'ordre était de manifester avec les caricatures. Cela pour constater dans un deuxième temps que certains l'on fait justement.
D'ailleurs d'avoir besoin que quelqu'un nous appel a descendre avec des caricature pour le faire à quelque chose de ... moutonnier.

Benoit.C

Anonyme a dit…

Aller, et puisque l'on ai dans la libre pensée et dans charlie hebdo, encore un petit lien vers la très bonne chronique de Sophia Aram :

https://www.dailymotion.com/video/x2ej3pt_le-billet-de-sophia-aram-le-blaspheme-c-est-sacre_fun?start=2

Benoit.C

nauher a dit…

Benoît,

j'use du blog de Stéphane pour vous répondre et préciser mon propos.

Je n'ai à titre individuel rien à dire sur celles et ceux qui sont allés manifester. Je ne suis ni un maître à penser, ni un politique, ni un imam (ou un curé, ou un rabbin). Je connais des personnes qui sont descendues dans la rue, avec qui je diverge politiquement sans que l'estime que je leur porte en soit altérée. Ce que je fustige en l'espèce n'est pas l'émotion spontanée qui fit descendre des gens révoltés et meurtris le soir même. On peut être sceptiques sur ces improvisations en ce qu'elles sont moins le signe d'une respiration démocratique qu"une parole épidermique (elles sont la version douce, "civilisée" des exactions qu'on observe ces derniers jours au Niger ou au Pakistan.
Quant au raout du dimanche, grand messe du compassionnel et de la récupération, de la virginité politique refaite et du pharisaîsme le plus écœurant, avec les bisbilles pour savoir qui serait ou non sur la photo, avec un slogan général facile, neutre et pour tout dire assez puéril (billet à suivre dans la semaine sur mon blog), il s'était écoulé assez de temps pour comprendre l'inanité de l'événement. Ce que la suite a vérifié si l'on veut prendre pour seul exemple l'ineptie sénégalaise dont le président vient battre le pavé parisien avant d'interdire le journal sur son territoire. Tout cela avec la bénédiction laîque et maçonnique du pitre kafkaîen...