mardi 10 mai 2016

EN GUISE D'OUVERTURE A NOS ARBRES COMPLEMENTAIRES...

J'avais prévu une préface pour présenter ma collaboration avec Yves Privé et son aboutissement avec la publication de nos Arbres complémentaires. Pour des raisons techniques, cette préface n'a pas été retenue. Je la propose ici car elle éclairait je crois le sens de notre travail.


Préface... a face 

Lorsque je me relis, j’ai souvent l’impression qu’il manque quelque chose à mes textes, qu’ils ne reflètent qu’imparfaitement ce que j’ai ressenti, ce que j’ai voulu dire, exprimer, partager. Trop de noir, pas assez de vie, pas assez d’espoir, trop d’ennui. Mes écrits parlent de moi, sans aucun doute, mais ils ne sont pas moi : ils ne me reflètent pas. Ils dévoilent mes parts sombres, mes zones d’ombres, mais ils ne disent rien des lumières qui luisent aussi en moi. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Pas assez de talent peut-être, pas l’âme d’un coloriste. Plus celle d’un doloriste. 

Ce que j’aime dans les photographies d’Yves, c’est qu’elles me réconcilient avec ma part manquante, pour le dire avec les mots de Christian Bobin. Elles éclairent mes écrits. Elles remettent de la vie là où rode la mort, du vert, du jaune, du bleu là où le gris domine, de la joie là où s’accumulent les larmes, du soleil là ou règne la nuit. Un équilibre se crée. Mes mots rajoutent une part d’inquiétudes, d’incertitude, de fragilité aux images captées par Yves ; ses photographies arrondissent mes maux, adoucissent mes phrases, les rendent plus humaines, plus légères, moins brutales. Nos sensibilités diffèrent mais elles sont, je crois, comme on le dit souvent des couleurs, complémentaires. 

Stéphane Beau

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