jeudi 23 mai 2013

MISEZ SUR LES PERDANTS...

Marre des winners, des traders, des vainqueurs, des premiers de la classe et de tous les gagnants en général ? Les Perdants sont pour vous.

Les Perdants... C'est ainsi que Philippe Ayraud a choisi d'intituler son nouveau recueil de nouvelles, recueil que j'ai eu le privilège et la fierté de préfacer.

Ce qu'en dit l'éditeur : "D’une grande diversité de tons, de points de vue et de registres, ces nouvelles trouvent leur unité profonde dans le thème des perdants. Trajectoires individuelles broyées, destins collectifs modifiés : les protagonistes de ces vingt-cinq récits inédits apprennent à leurs dépens, et pour reprendre la formule de Cioran, l’inconvénient d’être né. Le lecteur y croise d’humbles anonymes nés de la fiction, mais aussi, de Karl Marx et Bakounine au groupe néo punk Joy Division, quelques célébrités de l’Histoire. Le tout porté par une écriture visuelle et une bande-son très présente, comme le souligne Stéphane Beau dans sa préface."

Vous ne saviez peut-être pas quoi acheter pour les prochaines fêtes des pères et des mères ?

Les Perdants, Philippe Ayraud
Editions Durand Peyroles, 2013, 14 €

mardi 21 mai 2013

OMBRE PORTEE...


Il existe deux sortes de livres. Ceux qu’on lit parce qu’on a choisi de les lire, et ceux qu’on ouvre, un peu contraint et forcé, parce que les circonstances nous y obligent. Depuis plusieurs années, du fait de mes diverses activités de chroniqueur, éditeur ou auteur, je reçois régulièrement, dans ma boite aux lettres, des ouvrages que je n’ai pas particulièrement sollicités et dans lesquels je ne me serais pas instinctivement plongé. J’avoue que c’était le cas D’Ombre portée, un premier roman signé Fabienne Thomas, qui m’avait été adressé dans le cadre du comité de lecture de l’Association des Romanciers Nantais. Mes réticences étaient bêtement masculines, je le reconnais bassement. Ce chœur à trois voix entre l’aïeule, la mère et la fille, trois femmes dépossédées, aux destins douloureux… cela ne me parlait pas vraiment. Trop casse-gueule. Porte ouverte au larmoyant, au rose bonbon, à la poésie gnangnan, à toutes ces digressions sirupeuses et faciles qui gâtent généralement ce genre de récit.

Mais je m’étais lourdement trompé, et je m’en excuse platement auprès de l’auteure, car Ombre portée est sans doute un des textes les plus forts que j’ai lus ces derniers temps. La langue est puissante, précise, magnifiquement travaillée. Le récit va et vient, se construit par petites touches, de manière impressionniste. « Les mots kaléidoscopes fragmentent la réalité en mille réalité » écrit Fabienne Thomas, vers la fin du volume. Cette formulation lui va comme un gant.

L’histoire est simple. Olga se souvient de sa mère, de son absence plutôt, et de la quête affective qui fut la sienne. S’approchant de la fin de sa vie, elle retrouve Madeleine, sa fille, qui a pris le large, depuis plusieurs années, croyant qu’il suffisait de fuir cette mère étouffante pour se construire une nouvelle vie, sans passé et sans histoire. Ces trois femmes n’ont rien d’exceptionnel. Ce sont des femmes normales aux trajectoires de vie semblables à des milliers d’autres. Mais c’est cette normalité, justement, qui en fait des personnages exemplaires, des idéaux-types, presque, de la rudesse de la condition humaine.

Ces trois superbes portraits, qui ne sombrent jamais dans le mélo, sont portés, comme je l’ai souligné plus haut, par une langue d’une rare richesse, qui parvient à être parfaitement littéraire tout en restant humaine et chaleureuse, ce qui n’est pas si courant que cela. Portraits troublants de ces trois femmes, maltraitées par la vie mais toujours vibrantes d’amour, écrasées mais jamais vaincues. Et troublant roman qui nous entraîne dans un étrange tourbillon où déterminisme et libre-arbitre, souffrance et joie, désillusion et espoir, défaitisme et pugnacité, s’emmêlent, se combattent et se réconcilient pour restituer au lecteur, comme par magie, la réalité d’un truc tout con, au fond, mais tellement complexe : la vie.

Un grand coup de chapeau à Fabienne Thomas dont j’attends déjà avec impatience de découvrir le second opus, L’Enfant roman, qui vient de paraître aux éditions Passiflore.

Ombre portée, Fabienne Thomas
Editions du Petit Véhicule, 2010, 16 €

lundi 20 mai 2013

ON PARLE DES EN DEHORS...

Poignée de main chaleureuse à Mickaël Paitel qui a eu la gentillesse de dire quelques mots agréables sur Les En Dehors.

C'est ICI.

COLLOQUE EMILE MOUETTE...

Retrouvez-moi à Blain, le 25 mai, à l'occasion du Colloque Emile Mouette. Je vous parlerai des amours contrariées - et triangulaires - entre Emile, Marie Bonaparte et Gustave Le Bon...
Tous les détails ci-dessous :

jeudi 16 mai 2013

JOURNAL...


PENSÉES ÉPARSES
JOURNAL 1999


Vendredi 30 avril 1999, Blain.
 Ce matin, les campagnes sont nappées de brume. Le soleil semble vouloir pointer son nez, malgré tout, par derrière, ce qui laisse espérer une fin de journée moins vilaine. Je déambule dans les allées du parc du Centre Hospitalier de Blain et, tout autour de moi, chantent les étourneaux, les moineaux, les rouges-gorges, les merles… Plus loin, des pics égrènent leurs appels métalliques. Les arbres, l’herbe verte étincelante de rosée, les oiseaux, la brume. Pourquoi la vie ne s’écoule-t-elle pas toujours aussi simplement que cela ? C’est à vous rendre jaloux des fous qui, hospitalisés ici, sont condamnés à ne rien faire d’autre qu’à se laisser porter par le temps qui s’écoule. Désengagés de toute responsabilité, on leur demande juste de se laisser vivre et d’attendre, paisiblement, que passent les jours.