jeudi 23 mars 2017

SALON DU LIVRE DE BLAIN...

J'aurai le plaisir de participer à la cinquième édition du
Salon du livre de Blain 
le 9 avril 2017.

Tous les détails sur l'affiche ci-dessous.

mardi 14 mars 2017

SOUSCRIPTION POUR MON PROCHAIN LIVRE...




Gros Textes / Avis de souscription
- 366 - Aphorismes et Périls
de Stéphane Beau
366, c’est le nombre de jours, dans une année bissextile. Durant cette année, l’auteur s’est efforcé d’avoir une pensée intelligente, drôle ou subtile par jour. Il ne sait pas s’il y est parvenu, mais en tout cas cette expérience lui a au moins appris une chose : c’est long une année !
 Quand nous étions jeunes, nous manquions d’originalité : nous étions bêtement « hétérosexuels » ! Puis vint le temps où il était plus élégant d’être « homosexuel », voire « métrosexuel ». Plus tard, le nec-plus-ultra fut d’être « bisexuel » ou, encore mieux : « transsexuel ». Je découvre aujourd’hui la nouvelle tendance : il faudrait être « pansexuel ». Je ne sais encore trop en quoi cela consiste exactement, mais je pressens qu’il faut avoir la santé !

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ISBN : 978-2-35082-328-7
82  pages au format 14 x 21,
10 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

Commande à
Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
(Chèques à l’ordre de Gros Textes)

lundi 6 mars 2017

LES GROS SOUS D'YVES GIBEAU

Le meurtrier de la famille d'Orvault, qui a massacré toute une famille pour quelques hypothétiques Louis d'or, avait-t-il lu Les Gros sous du trop oublié Yves Gibeau ?

J'en doute.

Mais en ce qui vous concerne, vous avez encore le temps de rattraper votre retard.

L’appât de l'or, la folie qui couve, la misère ordinaire, les jalousies : tout était déjà écrit et décrit dans ce très bon roman qui nous rappelle que l'impensable, en général, est tout simplement, tout bêtement humain.

mardi 31 janvier 2017

DES PUTES ET DES HOMMES...


Ce qui fonde la richesse d’un livre, ce n’est pas d’apporter des réponses à nos questions, mais bien au contraire de transformer nos propres réponses en nouveaux questionnements. C’est en ce sens que le livre Des putes et des hommes, tous coupables, toutes victimes de Pierre-André Taguieff mérite d’être lu attentivement. 

S’intéressant aux débats sur la prostitution et tout ce qui en dérive (abolitionnisme, pénalisation des clients, etc.), Taguieff dresse le portrait d’une société, la nôtre, dans laquelle le discours féministe (ou « néo-féministe ») est devenu dominant et dominateur. Et force est de constater que nombre de ses constats sont implacables. Ainsi quand il écrit : « Ce qui a triomphé, c’est un pseudo-féminisme instrumental porté par l’esprit du soupçon et de la dénonciation, fondamentalement androphobe, et rêvant de réaliser dans le système social les valeurs et les normes d’un hyper-moralisme n’ayant rien à envier à celui des traditionalismes religieux ». 

Je ne reviendrai pas en détail dans ces lignes sur tout ce que l’auteur dénonce avec lucidité dans son étude : la violence androphobe du discours féministe, et plus précisément sa stigmatisation de l’hétérosexuel blanc de plus de cinquante ans ; les contradictions flagrantes de ce discours qui, sous couvert de chasse aux stéréotypes, stigmatisations, essentialisations et autres marqueurs de la domination produit lui aussi, à tours de bras, des stéréotypes, des stigmatisation et des essentialisations ; la dérive d’un féminisme d’émancipation et de libération vers une idéologie de la punition et de la pénalisation… Les constats qui sont faits dans le livre ne diffèrent pas vraiment de ceux que j’exprime ici régulièrement. 

Je vais plutôt m’attarder sur une question qui m’a taraudé tout au long ma lecture : « le féminisme est-t-il forcément de gauche ? » comme Taguieff le prétend à de multiples reprises. Ce qui me pose forcément problème puisque j’estime à la fois être de gauche et plutôt opposé au manichéisme brutal du féminisme contemporain. 

L’idée que le féminisme est de gauche – pour ne pas dire gauchiste – est en effet assez répandue. Nombre de ses représentants revendiquent d’ailleurs clairement cette étiquette et définissent leurs adversaires principaux comme étant en majorité des « réactionnaires catholiques de droite » dont l’idéal type serait le sympathisant de la « Manif pour tous ». Le tout assorti d’un clivage assez basique entre, d’un côté, l’humanisme, la tolérance, le progrès, et de l’autre, l’égoïsme, l’intolérance et le passéisme. 

Il y a sûrement une part de vrai dans tout cela, mais ce que nous montre Taguieff dans son livre – et curieusement sans en tirer forcément les conclusions qui semblent s’imposer – c’est que cette assimilation du féminisme à la gauche est loin d’être aussi évidente qu'elle n'y paraît. Pour preuve, nous constatons de plus en plus souvent que les arguments féministes (dénonciation de la misogynie, intérêt pour la condition féminine...) sont de plus en plus présents dans tous les discours des politiciens, de l’extrême gauche, à l’extrême droite et que, quand les féministes de gauche lancent de grands débats sur le mariage pour tous, la parité, la prostitution ou la lutte contre les violences faites aux femmes, ils n’ont guère de mal à trouver des alliés dans les rangs de la droite. 

Pourquoi ? parce qu’au fond, la posture morale et bien-pensante qu’ils défendent recoupe de plus en plus naturellement celle de cette pensée bourgeoise et policée qu’on prête généralement à la droite. Les débats sur la prostitution, la pornographie et, au-delà, sur la sexualité (notamment la vile sexualité masculine), montrent par exemple assez bien à quel point, des deux côtés, on aspire finalement à une société réglementée, où les désirs et plaisirs qui sortent un peu de ce qui est socialement correct sont immédiatement montrés du doigt.

L’importance accordée par le gouvernement Hollande à la notion de « mariage » est à ce titre assez caractéristique. Certes, nos « progressistes de gauche » ont fait illusion en étendant le système aux individus de même sexe. Mais au fond, cette idée de sanctification légale de l’union physique pour qu’elle devienne socialement acceptable n’a rien de très moderne et les « réactionnaires catholiques de droite » auraient tout aussi bien pu se réjouir de voir que les liens sacrés du mariage (qui par principe, s’opposent au libertinage, aux partenaires multiples, à la sexualité de circonstance, à la sexualité de groupe, etc.) étaient aussi fermement réaffirmés. Car à droite comme à gauche, même si on peut avoir quelques divergences sur les détails, on s’accorde quand même globalement pour estimer que le « penser correct » doit avoir pour corollaire une indiscutable notion de « baiser correct ». 

Taguieff insiste d’ailleurs à de nombreuses reprises sur le côté finalement très « catho » des « néo-féministes bigotes » et dénonce la tyrannie de ce que Georges Palante, bien avant lui, avait déjà qualifié d’« esprit prêtre laïque », c’est-à-dire cette « vague de moralisme [qui] est peut-être, plus profondément, un afflux de croyances dérivant de la "foi laïque" ou de la "religion laïque" dont rêvaient certains apôtres et théoriciens de la laïcité, tel Ferdinand Buisson ». 

La dimension très coercitive et punitive du féminisme actuel, qui songe de moins en moins à « autoriser » et de plus en plus à « interdire » n’a, de la même manière, plus grand-chose à voir avec les élans émancipateurs que le mouvement avait portés un temps. Ainsi, si l'on considère le goût du désordre et de la vie sans entraves comme étant plutôt des valeurs de gauches, et l’aspiration à l’ordre et à la vie savamment réglementée comme relevant plus d’un idéal de droite, il n’y a pas beaucoup à hésiter pour savoir de quel côté se rangent de nos jours la grande majorité des ténors du néo-féminisme. 

En nous présentant le féminisme actuel comme découlant des luttes émancipatrices de la fin des années 60, on oublie finalement trop souvent – ou on essaye de nous faire oublier – que les racines du féminisme sont bien antérieures et qu’elles sont en réalité très bourgeoises. Difficile, en effet, de dessiner une frontière très nette entre les premières militantes des droits des femmes et les dames patronnesses et autres présidentes de ligues de vertus dont descendent beaucoup de nos néo-féministes. Pour illustrer cela, je ne résiste pas au plaisir de citer Erich Maria Remarque qui, dans Cette terre promise, résume parfaitement les choses : 

« Il n’y a donc pas de putains, à New York ? »
Les rides se creusèrent, dans le visage de Meukoff. « Pas dans les rues. La police leur fait chasse.
– Et dans les bordels ?
– La police les y traque aussi.
– Comment font donc les américains pour se reproduire ?
– Dans le mariage bourgeois, sous la protection des toutes-puissantes associations féminines. » 

Cette confusion entre droite et gauche, palpable sur le plan moral est également importante sur le plan politique et économique où la condamnation du libéralisme par les féministes apparaît de plus en plus prudente et nuancée. L’exigence principalement affichée par les défenseurs des droits des femmes porte effectivement actuellement plus sur le souhait que ces dernières puissent travailler comme les hommes (être PDG, diriger une entreprise cotée au CAC40, être ministre, générale, tradeuse, et surtout consommer comme les hommes...), que sur une réelle critique du modèle économique en place. 

Ce n’est pas le système qui est remis en cause en général dans le discours féministe, mais le fait que les femmes n’en profitent pas assez. D'ailleurs, ne nous méprenons pas : même si l’idée que les femmes accèdent à plus de pouvoir agace encore forcément quelques irréductibles râleurs, nostalgiques de la femme au foyer et de l’épouse fidèle et soumise, elle convient au fond très bien à une grande partie des tenants de la droite qui, lucides et pragmatiques, apprécient qu’on cesse un peu de les embêter avec cette vieille histoire du partage des richesses et qui se disent que, si en accordant un peu plus d’égalité aux femmes on peut valider la persistance, voir l’augmentation de toutes les autres inégalités, le deal sera payant. 

Je suis convaincu que cette idée que le féminisme est une notion de gauche, si elle a pu être vraie un temps, a de toute manière fait long feu, tout comme les concepts de « gauche » et de « droite », d’ailleurs. Car le monde de demain se divisera en deux camps : d’un côté ceux qui veulent encore croire à la liberté d’expression, à la liberté de penser, au second degré, à l’humour, qui lutteront contre les dogmes, les croyances et les morales autoritaires ; de l’autres, toutes celles et tous ceux qui rêvent d'un mondes aseptisé, policé, réglementé, peuplé d’individus parfaitement calibrés, où les balises départageant le bien et le mal seront fermement plantées et où tous les déviants (mâles de préférence) seront lourdement sanctionnés. 

Les néo-féministes ont clairement choisi le second de ces mondes. Je continue pour ma part à espérer que le premier n’est pas complètement mort. Je laisse sur ce point, le mot de la fin à Pierre-André Taguieff : « Posons en principe que la liberté de penser implique celle de critiquer ainsi qu’une liberté totale d’expression. Pour la pensée libre, rien n’est par nature intouchable. Rien n’est "tabou" ».

mardi 10 janvier 2017

SYMBOLIQUE SAUVAGE...


Difficile de ne pas revenir ici sur « l’affaire » Jacqueline Sauvage dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle est « symbolique ». Mais symbolique de quoi ? De la lutte contre les violences conjugales nous expliquent les féministes et tous ceux qui, nostalgiques de la bonne vieille morale hollywoodienne où les gentils-y-sont-trop-gentils et les méchants-y-sont trop méchants, leur emboîtent le pas sans états d’âme. Certes, il y a, en toile de fond de cette sordide histoire, des accusations de violences conjugales, de violences sexuelles sur mineurs ; certes, cela doit nous amener à nous interroger : comment de telles horreurs ont-elles pu se dérouler pendant tant d’années et s’achever de la sorte sans que personne ne parvienne à un moment ou à un autre à dévier l’inexorable déroulé des faits ? Les féministes ont beau jeu de condamner la société complice, la justice aveugle, les violences masculines sur lesquelles tout le monde ferme les yeux, les stéréotypes sexistes. Oui, sans doute, tout cela peut servir à créer de très jolis slogans, mais après ? Critiquer le système, d’accord, mais à condition de ne pas oublier que nous faisons toutes et tous partie dudit système.

Je sais par exemple, pour avoir travaillé suffisamment longtemps sur le terrain du social, que Jacqueline Sauvage est exactement le genre de femme que les associations de type Solidarité Femmes n’auraient pas aidées du temps où elle était en couple, même si elles avaient alors connu son existence. D’ailleurs, jusqu’à preuve du contraire, elles ne l’ont pas fait. Elles ne se sont intéressées à elle qu’après qu’elle ait tué son mari. 

J’en ai rencontré quelques-unes des Jacqueline Sauvage dans ma carrière, c'est-à-dire des femmes qui, effectivement, étaient engluées dans des problématiques complexes, que l’on peut qualifier « d’emprise » si l’on veut, et que j’essayais d’orienter vers Solidarité Femmes. La réponse était en général la même : pas question d’aller au-devant d’elle tant qu’elle ne sera pas prête à admettre qu’elle subit cette emprise. 

Je me souviens notamment d’une situation où les menaces de mort étaient réelles, sur une jeune femme et son bébé. Nous avions réussi à convaincre (plus ou moins) cette femme de venir avec nous à une permanence de Solidarité Femmes (il avait fallu batailler pour obtenir un rendez-vous puisqu’il n’était pas demandé directement par l’intéressée). Sur place, l’entretien avait mis en évidence, en effet, l’ambivalence classique de la victime qui ne voulait pas priver le père de son enfant, qui ne savait pas où aller et qui, de toute manière, n’était pas prête à quitter « physiquement » son conjoint. N’empêche : elle était effectivement en grand danger et, du point de vue de la protection de l’enfance, il était clair que ni elle ni monsieur n’étaient en mesure d’assurer la sécurité du bébé. La réponse de Solidarité Femmes avait été sans appel : nous serons là quand vous serez prête. En attendant, rentrez chez vous. Et l’enfant ? Nous avions expliqué que, de notre côté, notre mission de protection de l’enfance nous empêchait de rester ainsi à attendre les bras croisés et que nous étions dans l’obligation de faire remonter nos inquiétudes. 

Cela avait entrainé, dans les jours qui avaient suivi, un coup de fil rageur de Solidarité femmes à notre hiérarchie pour condamner notre acharnement contre cette pauvre femme qui, déjà enfermée dans une spirale d’emprise, ne pouvait que douloureusement vivre notre volonté de prendre des décisions pour elle, malgré elle, en la culpabilisant encore plus en pointant ses défaillances maternelles. En agissant ainsi, non seulement nous ne l’aidions pas, mais nous participions à la mettre en difficulté. Nous risquions de la renfermer encore plus dans sa problématique. Bref, nous étions maltraitants... Bon… De leur côté, les gendarmes étaient intervenus une fois ou deux, sans pouvoir faire grand-chose de plus. Et nous en étions restés là. L’information préoccupante concernant l’enfant n’a jamais été finalisée et la jeune femme a finalement cessé de donner de ses nouvelles. A priori, elle vit encore. Son fils aussi. Ce n’est pas grâce à nous en tout cas. Mais pas grâce à Solidarité Femmes non plus. 

Cette situation-là, je l’avoue, m’est toujours restée en travers de la gorge. Parce que j’ai conservé le sentiment amer que, sur le plan du service social, nous n’avions pas été bons : nous n’avions pas su protéger cette femme et son bébé. Mais l’échec était global et Solidarité Femmes en portait une part de responsabilité non négligeable. C’est ce qui explique qu’aujourd’hui, je ne peux que bondir quand je vois cette association et toutes les bonnes âmes qui naviguent dans les mêmes eaux, jouer les chevaliers blancs (ou les chevalières blanches) en critiquant des dysfonctionnant qu’elles ont clairement participé – et participent encore – à entretenir.

Tous ces souvenirs me reviennent forcément en mémoire quand je vois comment ces mêmes associations qui nous avaient reproché d’avoir voulu aider cette jeune femme « malgré elle », se sont ruées comme des charognards sur le « symbole Sauvage ». Car là, pour le coup, aucun des bruyants soutiens de la meurtrière ne s’est soucié de savoir si en récupérant ainsi son histoire pour justifier leur combat ils ne reproduisaient pas, eux aussi, une autre forme de cette fameuse « emprise », qu’ils pourfendent par ailleurs sans relâche. Car voilà une femme qui, à en croire ce qu'on nous raconte, a toujours vécu sous le joug de son mari et du pouvoir qu’il exerçait sur elle. Voilà une femme qui n’a jamais été maîtresse de sa vie, qui n’a jamais été responsable de rien puisqu’elle a toujours tout subi. La seule fois dans sa vie où elle a pris une vraie décision, selon ses défenseurs, ce serait le jour où elle a décidé de tirer ses trois balles libératrices dans le dos de son conjoint. Et partant de là, que font ces mêmes défenseurs ? Tout pour que même cette responsabilité-là Jacqueline Sauvage ne puisse pas l’assumer. Quoi d'étonnant alors à ce qu'aussitôt libérée elle vienne clamer sur le plateau d'un JT de 20h qu'elle ne se sent « pas coupable du tout » du meutre de son mari ?

On a beaucoup médit de la décision de la justice qui reprochait à Jacqueline Sauvage de ne pas prendre assez conscience de la gravité de ses actes et de sa responsabilité dans le meurtre. On a essayé de faire passer cette décision pour honteuse alors qu’elle était au contraire respectable et pleinement humaine : elle permettait à Jacqueline Sauvage d’être enfin considérée comme un individu à part entière, digne de ce nom, et de ce fait, digne d’être considérée comme pouvant être responsable de ses actes. Mais de cette dignité, les féministes et tous ceux qui se sont rattachés par lâcheté ou bêtise à leur cause, ont tout fait pour l'en priver. Car ils n’ont pas besoin d’une Jacqueline Sauvage responsable, ils ont besoin d’un pantin qu’ils peuvent agiter à la face des badauds pour illustrer leurs thèses. Ce qui ne les empêchent pas de donner des leçons d’humanité à tour de bras et sans aucun scrupule, sans jamais avoir l’honnêteté de se demander, là encore, où ils étaient les années précédant le meurtre, quand Jacqueline Sauvage n’était encore pour eux qu’une mauvaise cliente, pas encore assez mûre pour admettre qu’elle était sous emprise ? Toute cette crasse opportuniste me dégoûte. 

Jacqueline Sauvage, un symbole donc ? Mais je repose ma question du début : un symbole de quoi ? J’entendais l’autre jour un journaliste, à la radio, faire un parallèle entre l’affaire Sauvage et l’affaire Dreyfus. Rien que ça ! Pourtant, il n’a peut-être pas tort, sinon sur le fond, du moins sur la forme. Car la grâce présidentielle accordée à Jacqueline Sauvage marque effectivement le symbole d’un important tournant sociétal : celui du moment où le féminisme aura définitivement versé du mauvais côté et où sa dimension aliénante aura pris le pas sur sa volonté émancipatrice. 

Un tournant, oui. Car jusqu’à ce jour, le féminisme pouvait encore prétendre se retrancher derrière ce beau slogan clamant que « le féminisme ne tue pas ». Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Certes, il ne tue pas (encore), mais il légitime le meurtre des hommes, quitte à disqualifier pour cela les décisions de justice qui ont encore la bêtise rétrograde de s’appuyer sur le Code pénal plutôt que sur le « Code Féministe ». 

Je me souviens des féministes qui avaient hurlé au scandale, il y a quelques années, lorsque Serge Charnay, au pied de sa grue jaune, avait dénoncé une « justice de bonnes femmes » hostile aux pères. À l’époque, ses détracteurs avaient défendu bec et ongle les juges qui, quel que soit leur sexe, dans des conditions difficiles, faisaient leur travail avec sérieux et impartialité. Et aujourd’hui, ce sont les mêmes qui tapent sur les juges et la justice « patriarcale » sans aucun état d'âme.

La cohérence dans tout ça ? Ne cherchez pas, il n’y en a plus.