APHORISMES & ESSAIS


LA SEMAINE DES QUATRE JEUDIS

Anecdotes et aphorismes
Editions Gros textes, 2011


Extraits :

J’ai du mal à m’expliquer pourquoi, moi qui me targue de ne rien attendre de la vie, je ne peux pas m’empêcher de guetter, chaque jour, le passage du facteur.

Lu dans le journal, ce matin : « La crise atteint aussi le monde du luxe »… Comme si l’existence même d’un « monde du luxe » n’était déjà pas, en soi, une preuve flagrante que la société est depuis longtemps en crise !

Ah ! Le plaisir de retrouver des grains de sable entre les pages d’un livre lu sur une plage des décennies plus tôt.



UN MERLE SUR LE TILLEUL

Aphorismes
Editions du Petit Véhicule, 2013


4ème de couverture :
Un merle sur le tilleul. L’oeil fier, le poitrail bombé, sûr de lui. Où trouve-t-il cette confiance qui me fait défaut ?
*
N’en déplaise aux esprits rationnels, seules les choses peuvent se vanter d’être « objectives ».
*
J’ai véritablement commencé à me trouver vieux le jour où j’ai remarqué que tous les has-been que je voyais à la télévision étaient plus jeunes que moi !
*
Je n’ai aucune ambition : je n’ai que des aspirations... Et parfois, quelques inspirations.
*
Le sage se tait... J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir pour le devenir.

Stéphane Beau est l’écrivain de l’attente et du songe lucide de la douce ironie. Ses mots ont le sourire discret de l’élégance de celui qui ne se prend pas au sérieux du Narcisse. L’attente dit simplement la bonne nouvelle de faire ensemble des œuvres tout en restant soi-même. Œuvres fraternelles et vivantes. Le difficile dans la vie, c’est de rester soi-même ou plus exactement de maintenir le cap. Dans la vie réelle ou onirique. Maintenir le cap professionnellement, sentimentalement, éditorialement, philosophiquement, voilà les enjeux et ce Merle-livre donne quelques clés. Stéphane Beau est l’écrivain du secret et du murmure. Simplement. « Il faudra un jour que je vous parle du jardin de mon grand-père quand la culture du poireau devient un art majeur » écrit-il. Oui, dans l’attente... ce livre est vraiment un livre écrit par un merle blanc à l’ombre des tilleuls. C’est ce qui fait sa précieuse rareté.
Luc Vidal


GEORGES PALANTE, UN INDIVIDUALISTE ALTRUISTE

Essai
(Chiendents n°44)
Éditions du Petit Véhicule, 2014

Texte d'une d'une conférence donnée le 30 janvier 2014, à la Bibliothèque des Amis de L'instruction, dans le cadre d'une série d'interventions sr le thème de "Individualisme et coopération.







HOMMES EN SOUFFRANCE

Essai
Éditions des 3 génies, 2014

4ème de couverture :

Depuis de trop nombreuses années, la plupart des ouvrages consacrés aux rapports entre les sexes promeuvent le même poncif : les femmes sont des victimes, les hommes sont des bourreaux. Stéphane Beau va à l'encontre des idées reçues et de la bien-pensance.
Assistant social depuis 20 ans, il reçoit dans son bureau des hommes qui ont tout perdu, ruinés économiquement et moralement, mais condamnés d'office. Il reçoit aussi des femmes parfois expertes dans l'art de se faire passer pour des victimes et qui savent qu'elles gagneront toutes les procédures.
A travers des exemples concrets et réels, Stéphane Beau dénonce un nouveau sexisme dont l'homme est la victime, un sexisme anti-hommes qui a un nom peu connu, et c'est révélateur, la misandrie.
Son essai, basé sur des expériences vécues, est précieux de par sa crédibilité. Il l'est aussi en tant qu'illustration concrète du fonctionnement du système misandre.
Stéphane Beau va sans doute choquer et même fâcher certains et certaines, mais c'est ce qui arrive à ceux dont la plume érafle les murailles de l'ignorance et de l'injustice.


INSTANTS NOMADES

Catherine Matausch (photographies)
Stéphane Beau (textes)
Éditions du Petit Véhicule, 2014

4ème de couvertureIl y a des regards qui vous donnent des yeux. Catherine Matausch possède ce don, et – mieux encore – ne le garde pas pour elle. 

Je passe volontiers du temps à contempler ses œuvres, par plaisir d’abord, mais surtout parce qu’elles me racontent une histoire que j’ignorerais sans elles. 

Observez bien : hommes et femmes sont petits, réduits à des silhouettes, voire absents. Lorsqu’ils occupent une place dans le cadre, ils n’offrent que leur dos et s’éloignent. On pourrait croire qu’ils sont en train de partir ? Non : ils sont déjà partis. Abandon ? Fuite ? Ne noircissez pas. Ils ont rendez-vous avec quelque chose de plus important que l’apparence ou la célébrité frivole qu’assure une photographie : ils ont rendez-vous avec l’horizon.  
L’homme doit s’y fondre. Là réside son salut. Qu’il cesse de s’estimer supérieur, maître et dominateur.  Qu’il réintègre le cosmos – mer, terre et nuages. Le monde a existé avant lui et continuera sans lui. (...)

Il me semble que si François d’Assise avait eu un téléphone portable, il aurait fait ces photos-là.  Ou alors Catherine Matausch cache un moine zen. 
Dans son regard bienveillant, il y a un dépassement de l’humanisme.


Extrait de la préface d’Eric-Emmanuel Schmitt


ARBRES COMPLEMENTAIRES

Yves Privé (photographies)
Stéphane Beau & Bénédicte Guillou (textes)
Éditions du Petit Véhicule, 2016



4ème de couverture : Juste de quoi ganter les mains de l’artiste Yves Privé car le ciel a battu ces portes. L’artiste est peintre et photographe pour ce recueil car c’est souvent la matière qui l’emporte et œuvre notamment dans le bois tranché ou taillé. Ces arbres complémentaires jouent à la marelle du cœur, à dessiner les routes qui mènent à soi-même, qui permettent à ces œuvres comme jamais de s’étonner d’être sous l’œil des mots, d’avoir été le ciment de ce recueil. L’écrivain raconte la douleur (« complémentaire ») d’être au monde, le déracinement qui fait trembler son âme difficile, et la vive présence d’un « point d’ancrage » qui se refuse à son désir. Les mots lui sont des larmes ou des alarmes qui annoncent un incendie improbable ou l’orage des défaites. Peut-être les pluies bienfaisantes. Les photographies de l’artiste lui sont miroir dans un jour qui se noie dans la nuit. L’écrivain Stéphane Beau a la maîtrise des aphorismes. Il sait avec le couteau de l’esprit dessiner ses colères, son amertume légendaire de Pierrot lunaire, mais aussi donner la vie au langage toujours avec cette pointe d’humour. La poésie même du langage est à fleur de peau de ses mots. Ces textes ont toujours l’élégance d’un vrai ressenti. Serait-il enfin aux portes d’un poème qui frappe à la porte de son cœur jusqu’à devenir poète d’une joie insoupçonnée ? Les photographies d’Yves Privé arborisent les phrases claires de Stéphane. C’est une douce alliance qui a permis cette rencontre. Plus de questions à résoudre. Sinon s’accrocher aux branches du vent et faire en sorte qu’il gonfle, qu’il gonfle… les voiles du rêve et de la vie.

Les peintures franches d’Yves ouvrent une histoire d’amour de deuil aux oiseaux de passage de notre cœur. La poète fauche les blés de son ancien amour avec délicatesse. Comme une réponse lointaine au poème de René Guy Cadou : « Rien ne subsistera du voyageur, le vent de la déroute aura tout emporté ». Les poèmes de Bénédicte Guillou ont le privilège de dire la fin d’aimer en douceur. Le songe se fige devant tant d’impertinence. L’amant s’évanouit à la fin des crépuscules. Le poème clame le secours comme un silence qui aurait retrouvé la parole. La marée de la nuit est pourtant dans les bras du chant d’amour. Les corps se sont tus mais les mots ont levé l’ancre des futures joies. « Et ma jupe / Tulipe à l’envers » chantera malgré tout, les possibles des retours. La poète a laissé courir son chant sur la peinture de l’artiste. La peau et l’écorce de l’art du peintre-photographe se fortifient ainsi car son œil sculpte le mouvement des choses et l’apprivoise.

Livre aux deux portes subtiles. Entrez lecteur, car quand vous entrez vous sortez et quand vous sortez vous entrez.

Luc Vidal

366 APHORISMES ET PÉRILS

Aphorismes et poèmes
Éditions Gros textes, 2017


4ème de couverture :


366, c’est le nombre de jours, dans une année bissextile. Durant cette année, l’auteur s’est efforcé d’avoir une pensée intelligente, drôle ou subtile par jour. Il ne sait pas s’il y est parvenu, mais en tout cas cette expérience lui a au moins appris une chose : c’est long une année !



Extrait :

Quand nous étions jeunes, nous manquions d’originalité : nous étions bêtement « hétérosexuels » ! Puis vint le temps où il était plus élégant d’être « homosexuel », voire « métrosexuel ». Plus tard, le nec-plus-ultra fut d’être « bisexuel » ou, encore mieux : « transsexuel ». Je découvre aujourd’hui la nouvelle tendance : il faudrait être « pansexuel ». Je ne sais encore trop en quoi cela consiste exactement, mais je pressens qu’il faut avoir la santé !


SUR LE FIL DU TEMPS

Catherine Matausch (photographies)
Stéphane Beau (textes)
Éditions du Petit Véhicule, 2017

Extrait


La vie est un fil fragile
Tendu entre deux néants
Sous nos pas maladroits

C’est ainsi

Nous pouvons bien nous épuiser
À maudire son instabilité
Ses oscillations
Accuser les vents mauvais
Qui font trembler
Danser
Et parfois choir
Les tristes funambules
Que nous sommes
C’est à ce fil qu’il nous faut tenir
Coûte que coûte
Si nous prétendons vivre